mardi 5 avril 2016

Retour sur Chicago

11 octobre 2015, mon deuxième marathon de la série des « World Majors ».

Pour une rare fois depuis longtemps, je courais pour moi, pas comme lapine, et pour faire un temps. Un bon temps, mon record.

L’objectif initial était sous les 4 h. J’ai été une reine de la discipline tout l’été 2015 et me suis entraînée très fort, selon un plan personnalisé fourni chaque semaine par mon entraîneur, le pro des pros.

À un point pendant l’été, ça allait trop bien… Je lui ai envoyé un courriel timide… Penses-tu que… Peut-être… Je pourrais faire 3 h 50? Du moins 3 h 55?

Il m’a répondu qu’il n’avait aucun doute. Qu’il me croyait capable de faire 3 h 50 et qu’il n’hésitait pas une seconde à me le recommander.

… *criquets*

Moi. Pas sportive. Il dit que je peux faire 3 h 50, qu’il en est certain.

Alors je suis partie, comme une grande fille, toute seule à Chicago, pour courir un marathon en 3 h 50. Avec mes souliers et la peur au ventre. Je n’avais dit mon objectif à personne, seul mon coach le savait. Parce que je n’osais pas y croire.

Courir un marathon sans être lapine, ça ne m’était pas arrivé depuis un bon moment. C’est stressant! On passe toute la course en sachant que, si on ralentit, on passera à côté de l’objectif. On pense à maintenir la vitesse, maintenir la vitesse, maintenir la vitesse…

Ce qui est vraiment spécial, à Chicago, c’est le nombre de spectateurs et de bénévoles sur le parcours. 1 million de spectateurs! Je portais la camisole de mon club de course, les Vikings, et j’ai eu l’impression que chaque spectateur a crié « GO Vikings! » Ça m’a donné des ailes. Tout comme de savoir que plein de gens, à la maison, me suivaient via le net.

Un club de course, c’est un club d’entraînement, mais ça devient plus que ça. C’est rempli de coureurs solidaires qui comprennent ce qu’on vit quand on se lance dans le vide pour 42,2 kilomètres. Parce que les autres personnes, les non-marathoniens, ne comprennent jamais véritablement… Un club de course, c’est une petite famille parallèle qui se crée. J’étais toute seule mais j’avais un petit peu de leur énergie avec moi.

Ce n’est que vers le dernier mile que j’ai commencé à assimiler le fait que c’était dans la poche. J’allais l’avoir, mon 3 h 50. J’allais même rentrer un peu avant! Je me suis sentie capable d’accélérer un brin. J’ai donné tout ce qu’il me restait d’énergie.

À 400 mètres de la fin, il y avait une pancarte mentionnant qu’il ne nous restait plus que cette distance à parcourir. J’avais hâte de croiser celle du 300 mètres… Qui m’a semblée tellement, mais tellement éloignée!!! Je me souviens avoir grogné dans ma tête. Depuis quand c’est long comme ça, 400 mètres?!? Il est où, ce fil d’arrivée?!?

Ensuite, je ne me souviens plus de beaucoup de choses. J’ai croisé le fil d’arrivée et traversé la mer de bénévoles qui prennent chacun en charge un aspect de l’après-course. Un te donne une bouteille d’eau, un te met une couverture d’aluminium sur les épaules, l’autre appose un autocollant pour que ta couverture tienne en place, un te donne à manger, un te met ta médaille dans le cou, un te prend en photo… Ça dure comme ça pour une bonne distance…

J’ai traversé cette zone dans un état second, dans une espèce de flottement.

Et quand je suis arrivée au bout, toute seule, j’ai pleuré. 3 h 48!!! Plus de 20 minutes retranchées à mon meilleur temps de marathon!

Maintenant, mon problème, c’est que je sais que je peux faire mieux que ça. Chicago, c’est tellement gros qu’on passe sa course à zigzaguer pour dépasser. Tellement qu’à la fin, ma montre disait que j’avais couru un mile de plus que la vraie distance! Je sais que je n’ai pas couru de la façon la plus efficace à cause de la foule et que, si j’avais pu maintenir une bonne trajectoire constante, j’aurais gagné du temps…

Alors je m’entraîne fort depuis le début de 2016 pour retrancher encore quelques minutes à mon record!

Mon objectif?

C’est un secret… ;) Parce que l’histoire se répète à chaque fois…

En route vers Toronto, 1er mai!


A+ les athlètes!

samedi 3 octobre 2015

Syndrome préMarathon

Mon plan, c'est de courir les 5 plus grands marathons du monde sur 5 ans. En 2014, jai couru le #1, celui de New York. Pour 2015, je regardais le calendrier et je me suis inscrite au tirage du marathon de Chicago. Parce que pour y participer, il faut être pigé dans un tirage au sort.

J'ai eu de la chance! À ma première tentative, j'ai été pigée! J'ai donc remis les autres villes aux années suivantes et je me suis concentrée sur le marathon #2 du palmarès!

Alors je me suis dit que, puisque j'y allais et que je courrais, pour une fois, pour moi et non comme lapine, j'allais non seulement courir le marathon mais m'entraîner très fort pour réaliser mon meilleur temps.

J'ai passé l'été à m'entraîner comme jamais. J'ai augmenté le volume à 80 kilomètres et plus par semaine et augmenté les vitesses de cadence, en plus de rajouter des intervalles. Le coach de mon club de course m'a fait un plan personnalisé et les résultats sont assez fulgurants. 

Je m'entraînais pour courir le marathon en moins de 4 h, ce qui, pour moi, serait déjà une grande amélioration. J'ai finalement révisé mon objectif pour un temps plus rapide. Je garde le nouveau temps secret, parce que je n'ose pas vraiment y croire...

Alors la semaine prochaine, je m'envolerai pour mon petit voyage de course à Chicago. Seule.

À l'aube d'un marathon, on est terrifié. C'est un immense défi, un saut dans le vide, et je ne crois pas qu'on peut s'y habituer et aborder cette épreuve avec détachement.

À l'aube d'un marathon où je m'en vais tester ma limite, essayer de battre mon record et de réaliser un objectif ambitieux pour mes petites jambes de fille pas sportive, je me sens....

Je vais pleurer.

Je me sens comme un enfant qui s'en va à sa première journée d'école et que sa mère a laissé tout seul à l'arrêt d'autobus. Dire que j'ai peur...

J'ai peur de trouver ça long, d'avoir mal, de ne pas réussir à maintenir la cadence pour croiser le fil à temps selon mon objectif... J'ai peur de ne pas finir, j'ai peur de ne plus savoir comment courir...

Nommez-les. Toutes les peurs, aussi irrationnelles soient-elles, se disputent la vedette dans ma tête et alimentent les battements d'ailes des immenses papillons dans mon estomac...

Vous savez, le SPM... Il y a des filles qui deviennent colériques, qui font du ménage... Moi, je pleure. J'ai un assez fort côté Bambi, dans la vie de tous les jours mais, à une certaine période, le moindre événement un peu émotif me fait pleurer toutes les larmes de mon corps. Une pub de fromage en grains vaguement émouvante à la télé? C'est parti! J'exagère à peine.

Il y aussi SPM pour syndrome préMarathon. Prenez le paragraphe précédent, multipliez par 100. Dites le mot "course", j'ai les yeux plein d'eau, le petit menton qui tremble, la respiration qui s'accélère...

J'ai tellement peur. Et je jongle aussi avec la perspective de la solitude.

Je dis toujours qu'on court pour soi, jamais pour plaire à qui que ce soit. Je le pense, bien entendu. On court pour le bien que ça nous fait, au corps et à la tête. 

J'ai l'habitude que personne ne porte mon sac au fil de départ, que personne ne m'attende au fil d'arrivée avec un chandail chaud. C'est très correct. Parce que je cours pour moi. 

Je suis une coureuse solitaire. J'aime avoir ma bulle avant une course. C'est certain que je peux trouver des connaissances qui seront à Chicago aussi pour le marathon et avec qui je pourrais au moins manger des pâtes la veille de la course... Je n'ai même pas cherché, pas posé la question. Je me connais. Je vais avoir envie de me retirer, de vivre ma course et surtout mon avant course à mon rythme...

Mais il y a des moments, j'ai le rêve secret que quelqu'un me dise  : "J'ai réservé un billet d'avion! Je viens avec toi! Je vais t'attendre à l'arrivée avec ton chandail chaud! J'ai tellement hâte de voir ta médaille!" "On va aller au concert, on va aller voir les Cubs et la veille du marathon, on va fermer la lumière à 20 h et je ferai pas de bruit pour que tu puisses te reposer!"

J'aimerais ça, je pense... J'aurais aimé ça, pour ce marathon-là, pour mon objectif le plus ambitieux.

Les circonstances de la vie sont ce qu'elles sont. 

Une amie m'a dit que, selon elle, on a besoin parfois de se prouver qu'on peut réaliser certaines choses extraordinaires seul. Qu'il faut le voir comme une opportunité et une richesse. Je me concentre là-dessus.

Pourrais-je au moins vous demander, amis lecteurs, d'avoir une douce pensée pour moi le dimanche 11 octobre? 

A+, les athlètes!

jeudi 1 octobre 2015

Les lapereaux

En mai, j'ai couru deux marathons à trois semaines d'intervalles. Un plan ambitieux mais une expérience magnifique qui s'est déroulée à merveille.

Deux marathons comme lapine, Toronto en 4:45 et Ottawa en 5:00. L'automne précédent, j'ai aussi lapiné le marathon de New York en 4:45.

Courir pendant tout ce temps, c'est spécial. Pas tant pour la course que pour l'expérience humaine qui l'accompagne. Imaginez courir à côté d'inconnus pendant près de 5 heures. Votre rôle comme lapin, c'est de les amener au fil d'arrivée. Vous gérez les vitesses de course mais vous devenez un point d'attache, une source de motivation. Vous devenez leur meilleur ami. En tant que bon meilleur ami, vous les encouragez. Vous donnez des conseils, vous expliquez votre façon de voir les choses, vous racontez certains aspects de votre histoire. À leur tour, vos nouveaux meilleurs amis vous confient la leur.

À chaque marathon comme lapine, je me suis attachée à des inconnus qui sont devenus et restés des amis. C'est magique. Ils ont vécu un exploit, ils ont atteint leur objectif et j'ai eu la chance d'être à leurs côtés pour le vivre.

Mon expérience de lapine la plus spéciale, je l'ai vécue au tout petit marathon Goodlife de Toronto. Peu de participants, je ne savais pas si j'aurais un groupe avec moi. Mais oui, et mon plus beau groupe du début à la fin d'une course, rien de moins!

Des coureurs expérimentés qui étaient, pour la plupart, à leur premier marathon. Qui se connaissaient bien et qui savaient que 4:45 était réaliste pour eux. On a échangé tout le long, partagé encouragements et tranches de vie.

Tout allait bien, jusqu'à ce que je leur dise que je ne voulais plus les voir! Parce que c'est bien beau de courir avec un lapin mais si moi, mon objectif est de terminer avec précision, le leur, c'est de finir forts et de donner le meilleur d'eux-mêmes. Je savais qu'il leur restait de l'énergie pour gagner quelques secondes ou même une minute ou deux alors, pour les derniers kilomètres, je leur ai dit de me laisser tomber.

Ça n'a pas été facile! "On a fait ça avec toi, on ne peut pas s'en aller!" "On veut finir avec toi!!"

J'ai dû promettre que je tiendrais ma pancarte bien haute au fil d'arrivée, qu'ils me repèreraient facilement et qu'on se verrait tous célébrer et prendre une photo de groupe. On a fixé un point de ralliement. J'ai promis mille fois avant que finalement, ils me croient.

Ils sont partis doucement. Ils n'accéderaient pas trop, mes lapereaux :) Je les ai mêmes vus jeter des regards inquiets derrière eux, comme s'ils pensaient que j'allais abandonner au kilomètre 38 et rentrer chez moi!

Mais ils ont fini par me laisser! 

Juste avant, j'ai entendu deux coureurs parler. Lui, petit, osseux, avec piercings et tatouages partout sur le corps. Elle, grande et très costaude, avec jupette et visière roses. Ces deux-là, dans un bar, ils ne s'échangent clairement pas leurs numéros. Mais lui, je l'entends qui lui dit, à elle : "Je voulais te dire merci. Je n'avais jamais pensé que je courrais avec un groupe comme ça aujourd'hui et je n'avais jamais imaginé à quel point ça me donnerait de l'énergie et ça m'aiderait à passer au travers. Le groupe m'a permis de réussir mon premier marathon et tu en as été une partie importante, merci."

Et elle a répondu je ne sais pas quoi parce qu'ils accéléraient. 

Je les ai trouvés tellement beaux, j'en ai été un émue, j'avoue.

Pourquoi est-ce que j'adore courir comme lapin?

Pour ça. Pour ces moments-là.

Et bien sûr qu'on s'est vus au fil d'arrivée, qu'on a célébré et pris plein de photos! :)

A+, les athlètes!

mercredi 31 décembre 2014

Bye bye, 2014!

2014 tire à sa fin et, inévitablement, je réfléchis au bilan je fais de cette année de plus qui se termine.

Je me souviendrai de 2014 comme l'année où, pour la première fois de ma vie, j'ai senti que tout était possible. Que j'étais capable de tout faire. Je me souviendrai de 2014 comme l'année où j'ai pris conscience de cette force qui nous habite et qui fait que nous pouvons accomplir l'impossible.

Bien sûr, la vie n'est pas faite que de succès, et 2014 a amené sa part de difficultés. Blessure en début d'année, questionnements, stress, une autre mini-blessure avant le marathon d'Ottawa, un mauvais marathon à Ottawa, un très très mauvais demi-marathon à Shawnigan en juin avec ma pire contre-performance à vie, une autre performance qui ne m'a pas satisfaite au marathon de Montréal...

Ça fait partie du jeu. Et ça m'a permis d'apprendre, de relativiser les choses. Mauvais marathon à Ottawa : en temps normal, j'aurais été vraiment fâchée. Je l'étais, sur le coup. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé mais j'arrive à terminer 2014 en me disant qu'au moins, j'ai couru un marathon, à peine quelques semaines après un arrêt de 3 mois.

Mauvais, mais alors très mauvais demi en juin : en temps normal, je ne voudrais même pas écrire là-dessus sur mon blogue. Je grognerais avant même d'évoquer l'idée. Serait-ce que je deviens zen? Avec le recul, je me rappelle qu'en juin, j'ai décidé de changer de travail et que j'ai eu un gros deuil à faire, puis que j'ai vécu beaucoup de stress à me demander si j'avais réellement fait le bon choix. En plus de toute ma routine de vie qui a été chamboulée!

Alors, bref... Pas si mal. Puis, comme par magie, j'ai appris que je serais lapine au marathon de New York. Dans ma tête, le thème de Twilight Zone : doudoudoudou doudoudoudou!!! Ça se peut juste pas!!!

Moi??? Ils m'ont choisie... Moi???

Eh bien si ça, ça se peut... Tout se peut!

Mon année 2014 de marathonienne s'est terminée dans un conte de fées, au cœur de Central Park. Avec des ailes sur mes souliers mais surtout l'impression d'avoir des ailes invisibles qui m'amènent vers des aventures incroyables.

Je n'ai pas encore écrit à propos de New York sur mon blogue, ça viendra. J'ai plein de choses à écrire, simplement je n'ai pas encore réussi à structurer ma pensée pour décrire à quel point c'était magique.

Je préfère terminer 2014, pour l'instant, en vous souhaitant que 2015 soit remplie de cette euphorie qu'on ressent lorsqu'on se surprend à accomplir des choses qu'on n'aurait jamais imaginées. Et je ne parle pas d'exploits, ici. Je parle de découvrir ce qu'on ne connaît pas, à l'extérieur de notre zone de confort, pour avoir le plaisir de se réinventer. Je vous souhaite, en 2015, d'avoir le bonheur de faire des projets et d'avoir de nouvelles idées pour profiter des millions de richesses de la vie.

Un de mes bonheurs, à moi, c'est la course. C'est aussi de siroter un café le dimanche matin, avec un livre, mais bon, on n'écrit pas un blogue avec ça... Ce que je vous souhaite, c'est de profiter de vos bonheurs, en 2015! :)

Et puisque je parlais de projets, deux paragraphes plus tôt... Voici mon plus récent! :)

Les 5 plus grand marathons du monde sur 5 ans! :) New York est fait, il reste Chicago, Londres, Paris et Berlin! Me reste plus qu'à choisir la destination 2015 :)

A+ et bonne année 2015, les athlètes!



dimanche 26 octobre 2014

Le plus gros marathon du monde

Le dimanche 2 novembre, plus de 50 000 marathoniens prendront le départ du Marathon de New York, le plus gros marathon du monde et sans contredit l'un des plus prisés. Selon mes calculs, un total de 39 lapins les accompagneront pour les aider à atteindre leur objectif de temps.

39 lapins. Dont moi!!! :)

Je serai, pour la première fois, lapine au marathon, avec un temps visé de 4 h 45!!!

(Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de "lapin", vous pouvez lire le début de ce billet.)

Je n'aurais pas pu rêver d'une plus belle façon de conclure mon année 2014. Mon troisième marathon de l'année et, alors que normalement, à quelques jours de la course, je m'inquiète à savoir si je courrai un bon temps, si je battrai mon record, si je ferai mon meilleur marathon de l'année ou encore mon pire, soudainement, toutes ces inquiétudes s'envolent.

Il me reste le stress de la précision. Je dois faire 4 h 45, ce qui est très lent pour moi mais, malgré tout, représente une vitesse à laquelle je n'ai jamais couru. J'ai le stress, également, de courir la distance mythique du marathon pour une sixième fois. Courir plus lentement, c'est bien beau, mais ça reste tout de même 42.2 km.

Mais à ce stress se joint une excitation incroyable. Et une fierté que j'ai du mal à décrire. J'ai été choisie comme membre de l'équipe des lapins du Marathon de New York! Ça semble absolument irréel quand j'y pense.

Il y a quatre ans et demie, en mai 2010, je commençais à courir. Je courais 1 minute, marchais 1 minute, en alternance 10 fois. Et la dixième minute était tout simplement atroce. Je n'avais aucun talent, aucun cardio.

Si vous m'aviez dit, à ce moment, qu'un jour je deviendrais marathonienne, je vous aurais trouvé bien drôles. Si vous m'aviez dit que je le deviendrais mais qu'en plus, des coureurs me feraient confiance pour gérer leur cadence sur 42.2 km, que le plus gros marathon du monde me confierait une place de lapin et que je courrais avec une pancarte dans les mains et des oreilles sur la tête pendant près de 5 h... Alors là, je vous aurais appelé une ambulance vite fait.

Comme quoi, la vie nous surprend toujours. On peut se surprendre soi-même et se découvrir des capacités insoupçonnées.

Il y a quatre ans et demie, je courais 10 minutes, même pas en continu, dans mon quartier de Joliette...

Tout est possible! Je vous écrirai davantage à propos de cette folle expérience!!! :)

À bientôt, les athlètes!

samedi 27 septembre 2014

Marathon de Montréal : demain

Demain, je prendrai le départ de mon 5ème marathon.

Je sais que ça fait longtemps que je n'ai pas alimenté mon blogue mais je ne l'avais pas oublié! Plein d'idées de billets me sont venues et je me promets bien de vous les écrire dans les prochaines semaines. En attendant, je ne pouvais tout de même pas passer à côté d'une petite mise à jour en vue de demain.

Est-ce que je suis prête?

Pour être franche, à ce stade-ci, je n'en ai aucune idée. Avec un récent changement d'emploi et un immense changement de routine quotidienne, j'ai manqué quelques entraînements. Rien de grave, ceci dit, et j'ai l'impression d'être somme toute en bonne condition physique. Pas de blessure, pas de petit bobo et, ces dernières courses, j'ai trouvé que je courais très bien.

Tout de même, j'écris avec l'estomac noué de peur. Entraînée ou pas, un marathon reste un marathon. Demain matin, je m'élancerai pour 42.2 km d'inconnu. Et ça, c'est très intimidant.

Comment est-ce que je vais me sentir demain? Aucune idée! Est-ce que j'aurai mal? Oui! Au point de devoir arrêter? J'espère très fort que non! Est-ce que j'aurai chaud? Sûrement! Est-ce que ça sera dur de ne pas laisser la chaleur jouer sur mon moral? Très!

Est-ce que je serai capable de faire taire le petit diable, qui me chuchotera à l'oreille : "C'est loooooooooong! C'est duuuuuuuur! Quelle idée t'as pris?!?! Rentre don chez vous et écrase-toi sur le divan!!!" ? Aucune idée.

42.2 km d'inconnu. 42.2 km très, très loin de sa zone de confort. C'est ca, le marathon, et c'est pour ça qu'on ne s'habitue jamais. Chaque course est différente et c'est une épreuve qui nous prive de toutes nos certitudes, de tous nos repères, de tous nos acquis.

L'entraînement reste un acquis, je le concède. Mais est-ce que cet entraînement sera suffisant pour surmonter cette épreuve qui m'attend demain? On ne peut jamais savoir. On ne peut jamais prévoir si on sera plus ou moins fatigué, si on ne fera pas un faux pas en se dirigeant vers le départ, s'il ne va pas manquer d'eau au premier point de ravitaillement et que ça va nous empêcher de chasser le point qui arrivait et qui nous incommodera finalement toute la course... Etc, etc.

En ce moment, c'est à tout ça que je pense. À tout ce qui peut survenir au long de ces kilomètres que je ne connais pas encore.

J'espère de tout cœur que ces kilomètres me réserveront de belles surprises. L'agréable surprise, par exemple, de découvrir que j'ai de l'avance sur mon objectif à l'approche du 35e km... Ou encore celle de ne pas me sentir fatiguée du tout après le 30e... Ou seulement celle de terminer, pour une cinquième fois et peu importe en combien de temps, un marathon. Ce sera déjà un bel accomplissement et une grande chance.

42.2 km d'inconnu.

C'est à ça que je carbure, c'est à ça que je suis droguée.

Mais juste au moment de sauter dans le vide, qu'est-ce que ça fait peur...

À demain, les athlètes!

samedi 22 mars 2014

Lentement mais sûrement

Quelques nouvelles de mon retour à la course! Enfin!!!

Je suis contente, depuis bientôt 3 semaines, j'ai recommencé à courir! Je n'en reviens pas de voir à quel point ça a pris du temps pour que la douleur se dissipe. Deux mois complètement arrêtée, deux interminables mois où, bien que j'aie mis toutes les chances de mon côté et que j'aie pris grand soin de ma jambe, je n'ai rien pu faire d'autre qu'attendre. Physio, ostéo, masso, laser, glace, étirements, etc etc, ça a aidé, c'est certain, mais, malgré mes recherches intensives, je n'ai pas trouvé la formule magique pour faire disparaître instantanément ce satané "shin splint"... Alors j'ai attendu...

Mais aujourd'hui, je cours! Par intervalles. J'ai commencé par 10 fois 1 minute de course / 1 minute de marche en alternance, la sortie suivante 2 minutes de course / 1 minute de marche... Dans les prochains jours, je vais faire des 5 et des 6 minutes.

Exactement comme quand j'ai commencé à courir. Disons que l'égo en prend un petit coup... Je ne fais même pas de sorties en continu, même pas encore couru 5 km... On est pas mal loin du marathon!

Mais j'ai dit que quand je pourrais courir à nouveau, je l'apprécierais tellement que je serais reconnaissante de faire les moindres petits pas sans douleur... Je me suis promis que je ne chicanerais pas sur mes performances... Alors... *yeux roulants*

J'ai aussi promis, pendant ces deux mois, que je ne chicanerais plus jamais sur les conditions météorologiques et que j'apprécierais toujours le bonheur que c'est de courir même dans la neige, la grêle ou le vent... Je me le suis rappelé quand, un matin il y a quelques jours, je me suis surprise à me trouver des excuses : "Aaaaaah, -20 comme température aujourd'hui? Je ne prépare pas mes choses de course, je sortirai demain... Il fait trop froid..."

Le petit diable, sur mon épaule, m'a ramenée à l'ordre. "Pffffff. T'as tellement répété que ça te manquait de courir... Si tu ne vas pas dehors aujourd'hui, t'es qu'une feignasse et tu ne tiens pas ta parole!"

Ouais. Une blessure, c'est moche, mais ça vous replace les idées.

Ça reconnecte avec les vraies affaires. Je peux courir, j'ai été blessée mais je suis en forme. J'ai de la chance.

Ce sera mon mantra des prochains jours. Je me le répèterai tout à l'heure, quand je vais sortir dans la neige pour mes intervalles de 5 minutes (Dame Nature est ironique, ça, c'est assez évident), cette semaine, quand je courrai derrière ceux que j'arrive habituellement à suivre au club de course, et dans tous les moments où j'aurai envie de partir pour 20, 22, 25 km ou plus, spontanément comme je le faisais avant et que je me rappellerai que ce n'est pas possible pour l'instant...

La patience... Ça n'a tellement jamais été mon fort...

Courage!

mardi 18 février 2014

Y en a marre

Mardi 18 février, toujours blessée. Ça fera bientôt deux mois que je n'ai pas couru et j'en ai officiellement marre.

La douleur à diminué mais elle est toujours présente. J'en suis au stade où je n'en peux plus d'attendre et où je suis découragée de voir que c'est si long à rétablir. J'ai passé des radiographies, qui n'ont rien démontré, puis une scintigraphie qui a montré une vraie bonne périostite et une possible fracture de stress en voie de guérison. Le médecin m'a dit que, quand je n'aurais plus mal, je pourrais recommencer à courir doucement.

Samedi, je me sentais bien et je n'avais presque pas de douleur, juste une mini tension comme c'est le cas presque tous les jours maintenant, alors j'ai pris mes souliers et je suis allée sur le tapis. J'ai couru 1 minute, marché 1 minute, en alternance comme ça 3 fois.

3 pathétiques minutes de course, même pas en continu. Et depuis j'ai mal. :(

Pas mal comme au début, bien sûr, mais assez mal pour savoir que je ne pourrai pas courir avant encore un moment.

J'en ai assez. Assez de me réveiller le matin et, comme première pensée, de me demander si j'aurai mal en posant le pied par terre pour sortir du lit. Assez d'évaluer mon niveau de douleur à chaque pas et d'être heureuse si je réussis à en faire une dizaine sans avoir mal. Assez de réfléchir constamment à des exercices, d'aller à des rendez-vous avec tous les spécialistes possibles et d'attendre encore que ça porte fruit.... Assez d'être constamment consciente de ma jambe, de mon tibia qui me fait mal.

C'est une très mauvaise sensation d'avoir envie de faire quelque chose et d'être limité par son corps qui refuse de suivre. Bien sûr, le corps a toujours des limites. C'est parfois frustrant d'être limité au niveau de la performance et de se dire qu'on n'atteindra jamais, par exemple, un certain seuil de temps pour une distance de course. Mais cette frustration n'a pas la même origine. La mienne aujourd'hui vient du fait que je suis incapable de courir, pas incapable de performer. C'est une frustration est très primaire et je la trouve particulièrement démoralisante.

Je devais courir, comme lapine, le Demi-marathon des Glaces samedi dernier. J'ai annulé ma participation quelque temps avant l'événement. J'avais dit que j'irais donner un coup de main sur le site comme bénévole même si je ne courais pas. Je n'y suis finalement pas allée, je ne m'en sentais pas capable, ça me faisait trop de peine de ne pas courir.

Je le jure. Quand je serai rétablie, je deviendrai un modèle de sagesse à l'entraînement. Plus question de négliger les étirements ou de courir avec des souliers trop usés. J'étais très consciente de la chance que j'avais de courir comme je le faisais et d'être en pleine forme. Je le serai d'autant plus quand je serai de retour en piste.

Et en même temps. Si je relativise, je me sens comme une parfaite plaignarde. J'ai une périostite, c'est quand même loin de la fin du monde. Ça pourrait être pire, bien pire.

J'essaie de garder le focus là-dessus! En attendant, la semaine dernière, j'ai nagé dans la mer et marché tranquillement sur les plages de la Guadeloupe... Et j'ai reposé ma jambe en me faisant dorer au soleil! Depuis le retour de voyage, j'ai repris le gym et hier, j'ai nagé un kilomètre dans la piscine intérieure... Pas pareil mais j'espère que ça donnera des résultats!

Allez, hop, le tibia! Tu guéris, maintenant, tu veux bien?

A+ les athlètes!

jeudi 16 janvier 2014

2014, le buzz

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit mais, mes copines, ce sont les plus chouettes.

Avec mes chouettes copines, depuis 2007, on lance officiellement chaque nouvelle année avec un slogan.

Le 2 janvier, au souper officiel de lancement, on cherchait donc activement le slogan pour 2014 et on s'enlignait pour "2014, on voit la vie en rose". Sauf que ça posait un problème parce que ça ne rimait pas très très bien... On continuait à chercher quelque chose qui se rapprocherait mieux de cette impossible rime en "orze".

Catherine a proposé "2014, le buzz". Sur le coup, je trouvais ça bizarre... Le buzz? Ça fait pas un peu drogué?!

Mais j'aimais tout de même l'idée du buzz dans le sens d'excitant, d'incroyable et de bonheur intense. Alors le slogan officiel, c'est finalement : "2014, le buzz, parce qu'on ose et on voit la vie en rose!"

Pas pire, hein? :) (Chouettes, je vous l'ai dit?)

Depuis le 27 décembre, je n'ai pas couru. J'ai vu mon médecin qui a diagnostiqué une belle périostite. Belle pour une périostite, on s'entend, ça veut dire très douloureuse pour moi.

J'ai hâte de recommencer à courir, si vous saviez à quel point ça me manque... J'ai encore mal à la jambe aujourd'hui et j'en ai plus qu'assez d'attendre. Je voudrais que ça se règle maintenant, comme par magie et que je sois rétablie.

Je suis en manque. De course et d'endorphines. Hier, je rentrais chez moi après le travail et je pensais : "J'ai besoin de ma dose!!! J'ai besoin de courir!!! J'ai besoin d'un runner's high!!! Maintenant!!!"

2014, le buzz... Oui, ça fait drogué! Et je suis une droguée de la course! J'aurais dû y penser bien avant!

Alors, chers amis coureurs, pour cette nouvelle année, je vous souhaite un immense buzz. Au plan sportif, je vous souhaite le bonheur intense que procurent la persévérance, le dépassement de soi et la fierté. Je vous souhaite des succès et des moments intenses qui vous créeront de beaux souvenirs. Au plan personnel, je vous souhaite aussi le buzz que vous procurera une overdose de bonheur, de magie et de belles surprises.

Bonne année, les athlètes! -x-

dimanche 29 décembre 2013

Ouch :(

Vendredi 27 décembre. Je cours. Tout va bien. Je suis en pleine forme depuis le tout début de mon défi, qui est presque réussi.

Tout à coup, douleur subite et intense au tibia gauche. Plus capable de faire un pas, après seulement 3,2 km, sans avoir l'impression que ma jambe va se casser en deux. Je m'arrête. Je m'étire... Je me dis que je ne peux pas arrêter là. 3,2 km?!?! Je partais pour 10!

Je repars... J'arrive à faire 800 m... J'ai trop mal, je m'arrête encore... Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je repars, cours encore un peu et m'arrête pour de bon après 5 km.

J'ai mal. Très, très mal. On s'entend, pour que moi, j'arrête de courir, il faut que je souffre et que ce soit particulièrement atroce. Quand je me suis cassé le pied, l'été dernier, je courais 15 km avant d'aller passer mes radiographies. J'ai couru 38 km avec un genou déboité lors de mon premier marathon. La douleur, je ne crains pas. Mais là, je souffrais...

Le reste de la journée, je n'ai pas pu poser la jambe par terre. Même chose pour le lendemain. Aujourd'hui, la douleur a enfin baissé en intensité. (Merci Voltaren, Advil et codéine.)

J'ai donc manqué 2 jours de mon défi de courir tous les jours de décembre. Je l'ai raté et je suis triste. Et je suis d'autant plus triste que parce que c'est uniquement de ma faute.

Je la connais, cette douleur. C'est le fameux shin splint, douleur assez commune chez les coureurs. Je connais aussi les principaux trucs pour l'éviter. 1) Faire des exercices d'étirement des mollets après l'entraînement. 2) Porter des chaussures qui amortissent bien les chocs, d'autant plus important dans mon cas puisque j'ai un pied très arqué et que je porte des orthèses. Ce n'est rien de compliqué... Deux petits trucs tout simples...

J'ai négligé les étirements, ce mois-ci. Et j'ai couru avec mes vieux souliers, mes deux paires de chaussures qui ont chacune plus de 1000 km d'usure...

C'est stupide. J'ai deux paires de belles chaussures toutes neuves qui m'attendent dans leur boîte depuis déjà un moment. Mais je voulais terminer décembre avec les vieilles. Je trouvais symbolique de commencer la nouvelle année avec mes nouvelles chaussures et donc d'attendre 2014 pour les sortir. Et pour les étirements, c'est toujours pareil, on remet à plus tard, on trouve que c'est trop long, qu'on manque de temps...

Résultat, je me suis fait mal. Ça allait trop bien, je me suis crue trop forte, j'ai négligé la base et je paye le prix.

C'est une bonne leçon que la vie m'envoie. D'un côté, les 27 premiers jours de décembre, j'ai découvert que mon corps pouvait me surprendre, qu'il avait des capacités que je ne soupçonnais pas et qu'il pouvait livrer des performances impressionnantes. Par contre, la vie m'a ramené à la figure que ce corps peut se dépasser et réaliser des exploits tant que j'en prendrai bien soin et que je garderai en tête les prémisses de base d'un entraînement sain et sécuritaire...

J'ai beaucoup pleuré. Je sais que ce n'est rien, en réalité. Je sais que j'ai beaucoup de chance d'être en forme, que ma blessure est mineure et que mon malheur n'est pas bien grand. Seulement, la course fait tellement partie de ma vie que j'ai parfois l'impression que si on me l'enlevais, je serais perdue. J'ai eu très peur que ce soit grave... Que la douleur diminue aujourd'hui est un immense soulagement.

J'ai tellement hâte de ressortir courir!

Promis. Je serai prudente.

A+ les athlètes!

dimanche 15 décembre 2013

Courir tous les jours - Deux semaines terminées!

Ça va bien, ça va bien!

Nous sommes aujourd'hui le 15 décembre et j'ai couru 143 kilomètres jusqu'à maintenant! J'ai effectivement couru tous les jours depuis le 1er décembre et je compte bien réussir le défi!

La semaine dernière, j'ai couru 65 kilomètres. C'était la plus grosse semaine de course de ma vie. Juste après la première semaine de décembre avec 61 kilomètres. :) C'est ce que j'aime dans ce défi de course : ça me fait repousser mes limites et je me découvre beaucoup plus endurante que je ne le croyais!

Je pensais, bien honnêtement, que ce serait beaucoup plus difficile que ça ne l'est en réalité. Je pensais ressentir de la fatigue dans les jambes, des raideurs, mais je ne ressens absolument rien de ça. Je me sens en pleine forme et je maintiens des vitesses très rapides pour moi dans mes entraînements, tout en me sentant parfaitement à l'aise et confortable!

Comme quoi, le corps est capable de pas mal plus qu'on ne le pense!

Seul et unique mini-symptôme de mon défi : je m'endors. Il faut cependant faire une nuance, je ne me sens pas du tout fatiguée. La fatigue, pour moi, c'est négatif. Je la ressens parfois quand je trouve que ma vie va à un rythme un peu infernal : trop de travail, d'obligations, peu de temps pour moi... Ou encore, on la ressent lorsqu'on a des ennuis physiques. Vous voyez ce que je veux dire? La fatigue, ça nous fait mal filer, on trouve ça lourd. Là, je ne ressens pas de fatigue. Au contraire, j'ai de l'énergie! Mais quand arrive le soir...! Je m'endors comme jamais!

Ça a du bon, je pourrais dire... J'apprends à me coucher tôt! :)

Sur ce... 20 h 40... Je pense que c'est l'heure! ;)

A+ les athlètes!

jeudi 5 décembre 2013

Défi Run Everyday - Jour 5

5 jours de faits dans mon défi de courir tous les jours de décembre!

(À ceux qui me demandent encore mais pourquoiiiiiiiii je fais ce défi, je réponds : "Parce que".)

Ça va très bien jusqu'à maintenant! Au moment où je vous écris, j'ai déjà couru 46 km!

Pas de douleur, pas de raideurs, pas de courbatures!

Ça demande tout de même des efforts supplémentaires côté logistique. Courir 4 fois par semaine, comme je fais d'habitude, c'est tellement facile en comparaison. Dès que la météo est peu clémente, je peux remettre au lendemain. Il y a aussi toujours des journées où on est plus occupés que d'autres. Un rendez-vous sur l'heure du dîner pour le bureau et une grosse journée de travail, des cours à donner le soir... En temps normal, ces journées-là également, je remets l'entraînement au lendemain. Là, impossible de remettre! Pluie, neige, froid, horaire de fou... Pas le droit de procrastiner!

J'ai donc mis mon cadran plus tôt qu'à l'habitude cette semaine... Question d'avoir suffisamment de temps pour tout faire! Moi, je deviens "matinale"?!?

Ça prend bien un défi de course pour réussir à me sortir du lit plus tôt!

Je me suis surprise aujourd'hui à penser que je pourrais courir comme ça, tous les jours, toute l'année! Je me disais que ça allait bien, mes affaires, que j'arriverais à relever le défi et que j'aimais bien ça, au fond...

Rassurez-vous. Le petit diable, sur mon épaule, m'a vite ramenée sur terre. Je vais commencer par finir le mois de décembre et voir si j'y arrive pour vrai. Ensuite, je réfléchirai à la suite de mon entraînement.

Pour l'instant, on garde la forme! :)

Bonne course, les athlètes!

mercredi 27 novembre 2013

Courir tous les jours de décembre

J'ai vu ça sur Facebok. Le "December Run Everyday Challenge".

Je me suis dit : "Hey, je pourrais faire ça!" La seconde d'après, je cliquais que je participais et je changeais ma photo de profil pour mettre le logo du challenge : "I'm in"!

Ensuite, j'ai réfléchi.

Courir tous les jours, en décembre, ça veut dire courir même le jour de Noël, même quand il va faire froid, neiger à plein ciel ou verglacer... Ça veut dire courir même le premier matin des vacances quand je vais avoir l'envie irrésistible de me prélasser en pyjama en sirotant mon café, ou encore le soir où il y aura une petite neige charmante à l'extérieur et un feu dans mon foyer...

Ça sera pas facile, ce défi. Tous les jours, sans exception.

Mais dès la seconde où, dans ma tête, le déclic s'est fait, et que j'ai décidé que je me lançais, je ne pouvais plus reculer. Je vais m'auto-décevoir dramatiquement si je me dégonfle, si je m'avoue incapable de remplir le défi.

Ça ne sera pas facile mais, ceci dit, ça me tente! Je ne suis pas masochiste, si j'ai décidé de faire ça, c'est parce que j'envisage que ça sera tout de même une bonne chose!

En octobre et novembre, j'ai été un peu moins disciplinée qu'à l'habitude pour la course. Ça commence à me peser, je me sens moins bien et j'ai hâte de reprendre mes bonnes habitudes de courir 4 fois par semaine, très régulièrement. Pour le défi, je vais donc reprendre mon plan d'entraînement habituel avec 4 "vraies" courses chaque semaine. Pour compléter et courir chaque jour, je vais ajouter des petites courses d'environ 30 minutes les autres jours. Le défi dit de courir au minimum 1 mile chaque jour mais là... Quand même... 1 mile! C'est vraiment pas assez!

Si je relève un défi, c'est pas pour le faire comme une moumoune!

Allez, hop!

À tes souliers, Pink Machine! Ça commence dimanche!

Je vous tiens au courant, les athlètes!

P.S.: Si ça vous dit, joignez le challenge vous aussi sur la page Facebook de "I <3 to run" (j'aime bien leurs publications, ça vaut la peine de les suivre) et tenez-moi au courant de vos performances, ça me fera plaisir de vous lire!

mardi 12 novembre 2013

L'euphorie du lapin

Dimanche, pour la première fois, j'ai endossé le rôle de meneuse d'allure, ou de lapine pour reprendre le jargon officiel des courses, dans un demi-marathon. Je devais faire 2 h 15 au Demi-marathon des Microbrasseries de la Vallée du Richelieu.

Ça me stressait un peu! Je n'avais aucune expérience de la vitesse à laquelle je devrais courir, qui est plus lente que mes entraînements habituels. Je me suis donc entraînée pour m'habituer à cette vitesse de 6:24 minutes du kilomètre. Je voulais tellement bien faire et ne pas décevoir le groupe de coureurs qui me feraient confiance et qui me suivraient pour réussir leur objectif... J'ai couru deux fois le demi-marathon en entraînement avec l'objectif de 2 h 15 en tête. Première fois, 2 h 14 51 s. Deuxième fois, 2 h 15 très juste.

Ça m'a mise en confiance mais, la veille de la course et le matin même, j'avais quand même les gros papillons...

Papillons qui se sont envolés dès mon arrivée sur le site! Sitôt ma casquette à oreilles enfilée (pour le look, par contre, disons qu'on repassera), les gens se sont approchés de moi. Ils étaient confiants ou stressés, avaient des questions, des conseils à me demander... C'était très intéressant de parler avec tout le monde et de partager quelques trucs ou mots d'encouragement! J'ai vraiment vu combien les gens faisaient confiance aux lapins et étaient heureux de nous voir!

Et on est partis! Tout au long de la course, j'ai placoté. J'ai répondu à une foule de questions. Sur mon expérience de course, mes meilleurs temps, sur les techniques, l'équipement... J'ai découvert des gens bien intéressants qui avaient tous des raisons différentes de courir. J'ai lancé des tonnes de mots d'encouragement et tenu mon groupe au courant du déroulement de notre course. J'ai aussi expliqué mon petit secret de motivation... Cette petite phrase magique que je garde au fond de moi et que je me répète lorsque je suis fatiguée : "Il y a des gens qui ne sont même pas capable d'envisager l'idée de courir. On a une chance immense d'être sur nos deux jambes, aujourd'hui, pour 21 km. Profitons-en."

Pour ma course comme lapine, j'avais prévu de courir un peu plus vite que 6:24 du kilomètre de façon à accumuler une trentaine de secondes d'avance, à mi-parcours, pour pallier à d'éventuels imprévus.

Lorsque j'ai ralenti pour perdre cette petite avance, j'ai averti mes "lapereaux" et plusieurs coureurs de mon groupe m'ont dépassée. D'autres sont restés à mes côtés. Plus la course avançait, plus nous croisions des coureurs arrêtés ou qui marchaient... Le rôle du lapin, vers les derniers kilomètres, est vraiment très valorisant.

"Lâche pas, suis-moi, on rentre ça en 2 h 15!"

"Je le sais, qu'en ce moment, t'as pas de fun. Mais sitôt le fil d'arrivée franchi, je te jure, tu vas vouloir t'inscrire à ta prochaine course tellement tu vas être fier!"

"Oui, t'es capable! Tu t'es entraînée pour courir ce 19e km et les 2 autres qui vont suivre! Lâche pas et suis-moi!"

"Pense à tes bras, utilise-les pour te propulser vers l'avant quand il ne te restera presque plus de jus sur les derniers mètres."

"Regarde loin devant!"

"Plus que 200 m!!! GOOOO!!!"

Je suis rentrée en 2 h 14 mins 51.3 secondes, avec le sourire. Je n'étais même pas essoufflée, c'était une course absolument magnifique qui m'a donné un boost d'énergie rarement égalé.

Le plus beau, c'est tout le monde qui est venu me dire merci, à la fin. Comme si je leur avais donné quelque chose de précieux. Des gens qui, parfois, n'avaient même pas couru près de moi! Un peu derrière, un peu devant, mais qui m'ont dit s'être fiés à mon allure pour réussir leur objectif et qui m'attribuaient un petit peu de leur réussite. Wow... C'était presque émouvant!

D'autres m'ont dit que mes mots d'encouragement les avaient touchés et que, objectif réussi ou pas, ils étaient contents d'avoir couru avec moi pendant un moment.

Je vous jure... C'est très égoïste mais, être un lapin, qu'est-ce que c'est valorisant...

Première chose que j'ai faite après la course? Confirmer que je serai lapine de 2 h 15 au Demi-marathon des Glaces en février prochain! C'est un rendez-vous? :)

Bon entraînement, les athlètes!

P.S.: Plusieurs m'ont demandé si la petite pancarte, qui indiquait mon objectif de temps et que j'ai tenue pendant 21,1 km, m'a énervée. Curieusement, la réponse est non, même que je dirais que je l'ai appréciée...! Je n'ai jamais été si peu essoufflée pendant une course, même en parlant tout le long, ma respiration ne s'est pas accélérée ou presque... Je pense que j'ai habituellement une bonne posture de course mais serait-ce possible que la pancarte m'ait forcée à adopter une position encore plus élancée qu'à l'habitude? À suivre... Si vous croisez une fille avec une pancarte "Pink machine" sur la rue dans les prochains jours, ce sera peut-être moi! ;)


mercredi 30 octobre 2013

Le Marathon de Hamilton

Il y a presque un an, jour pour jour, je courais mon premier marathon complet, celui de Hamilton.

Si je vous ai raconté l'expérience un peu triste que j'ai vécue lors de cette course, avec une blessure au kilomètre 4, je ne vous ai pas dit à quel point j'ai apprécié l'organisation de cet événement. Avec tous les reproches faits au marathon de Montréal, je pense que ce serait sympa et d'actualité de ma part, aujourd'hui, de vous recommander Hamilton et de vanter ses nombreux mérites. D'autant plus que c'est une course qui gagnerait beaucoup à être connue puisqu'elle n'est pas aussi populaire que bien d'autres mais qu'elle présente, à mon avis, de nombreux atouts. Imaginez, à quelques jours du départ, ce n'est même pas encore complet... C'est dommage quand on pense au trafic de dossards qu'il y a pour des courses comme Montréal, pour aller encourager une organisation beaucoup moins efficace!

Cette année, je ne courrai pas à Hamilton même si j'aurais bien aimé cela. Pour des raisons personnelles, je ne me suis pas inscrite ni préparée pour cet événement et je le regrette un peu aujourd'hui. Je me promets bien d'y aller l'an prochain!

De toutes les courses auxquelles j'ai participé, Hamilton a été, et de loin, celle où j'ai le plus apprécié l'organisation.

Premièrement, tout était facile. Les navettes du stationnement vers le lieu de départ étaient faciles d'accès, bien organisées et assez rapides. Même chose pour récupérer les dossards avant le départ et déposer les sacs. Tous les bénévoles étaient bien informés, efficaces et sympathiques. Nous avions accès à une salle chauffée avant le départ et (clin d'oeil aux Montréalais), je n'ai même pas eu à faire la file pour les toilettes!

Vous savez que je me suis blessée au 4e kilomètre, ça se voyait donc pendant que je courais, le 4 novembre 2012. J'ai remarqué, dès mes premiers pas boitillants, un membre de l'équipe médicale à vélo, derrière moi. Il ne m'a pas parlé, ne s'est pas approché, mais je le voyais du coin de l'oeil. Il passait près de moi, puis repartait pour patrouiller le reste du tronçon qui lui était attribué. Je savais qu'il me surveillait et c'était réconfortant.

Plus tard sur le parcours, un autre secouriste à vélo a pris le relais et a adopté le même comportement pour surveiller que j'allais bien, à intervalles réguliers. À un certain moment, je me suis arrêtée plus longuement parce que mon genou refusait d'avancer davantage. Là, il s'est approché de moi et m'a demandé si j'avais besoin d'aide. J'ai répondu que ça allait aller, il m'a dit de lui faire signe si j'avais besoin de lui, puis il est reparti plus loin. Et il a continué de me surveiller.

À l'approche du fil d'arrivée, j'ai croisé à nouveau le premier secouriste qui patrouillait dorénavant le dernier tronçon du parcours. J'étais encore une fois arrêtée quand il est venu me dire : "Tu sais que tu n'es pas obligée de faire ça, tu peux arrêter et ça sera correct, tu pourras quand même être fière de toi." J'ai répondu que non, je n'allais pas arrêter. Il a respecté ma décision et m'a surveillée jusqu'à la fin.

Au fil d'arrivée, blessé ou pas, chaque coureur était accueilli par un bénévole qui, en plus de lui donner sa médaille, de le féliciter chaleureusement et de lui mettre une couverture de survie sur les épaules (faisait frette!!!), lui posait quatre de base : "Te sens-tu bien?", "Es-tu faible ou étourdi?", "As-tu mal?" et "As-tu besoin d'assistance médicale?" Une fois rassurés que tout allait bien, les bénévoles indiquaient aux coureurs d'aller vers un chapiteau où ils pourraient se réchauffer, prendre un goûter et un bon bol de soupe chaude. Ils expliquaient aussi, ensuite, comment récupérer nos sacs.

Hamilton est un petit marathon. Mais c'est un beau marathon qui prend soin de ses coureurs. On sent une organisation chaleureuse. Les points de ravitaillement (tous ultra efficaces) sont gérés par des organisations communautaires de la ville et impliquent beaucoup de jeunes : équipes sportives, scouts, etc. Il n'y a pas de groupes rock sur le parcours mais j'ai été 100 fois plus motivée par les énergiques filles de l'équipe de basket du 28e km déguisées en lutins du Père Noël.

Si Hamilton n'est pas une ville féérique ni touristique, l'hôtel où j'ai logé (Crown Plaza) m'a surprise avec un des lits les plus confortables dans lesquels j'ai dormi. (Réussir à dormir la veille de son premier marathon, fallait que ce soit confo pas à peu près!) Le souper de pâtes de la veille dans un resto du centre-ville était très concluant et il faut aussi noter que le parcours est reconnu comme #1 dans les marathons qui permettent de se qualifier pour Boston au Canada. Le prix d'inscription est très raisonnable et c'est l'une des rares courses à laquelle j'ai développé un sentiment d'appartenance. Peut-être que c'était plus spécial pour moi parce que c'était mon premier marathon mais je pense vraiment que les organisateurs ont réussi à faire de leur marathon un happening. Je me suis sentie bien, en courant à Hamilton. Je me sentais fière de participer à cette journée et en retour, je sentais que la ville était fière de son marathon et voulait offrir une expérience mémorable et positive aux coureurs.

Dernier atout non négligeable, le marathon de Hamilton se déroule la fin de semaine où on recule l'heure, ce qui donne une heure de sommeil de bonus la veille de la course!

J'aurais probablement dû vous vanter les mérites de cette course avant, ça vous aurait peut-être motivés à vous inscrire pour cette année... Mais je vous l'ai dit, il reste de la place, pour toutes les distances! Dans mon cas, c'est officiellement un rendez-vous pour l'an prochain!

Bonne course, Hamilton!

samedi 26 octobre 2013

Je deviens une lapine!

Le 10 novembre prochain, je serai une lapine pour la première fois!

Pour ceux qui ne comprennent pas, dans les courses organisées, il y a habituellement des lapins. Ces lapins sont des coureurs qui ne sont pas là pour faire le meilleur temps qu'ils peuvent sur une distance mais qui sont plutôt là pour traverser le fil d'arrivée dans un temps pré-déterminé. De cette façon, les personnes qui se fixent le même objectif de temps d'arrivée peuvent suivre le lapin et se fier à sa cadence de course en sachant qu'il les mènera au bout du parcours dans le temps voulu!

Au fond, c'est comme les montres GPS mais en humains!

Je serai donc lapine de 2 h 15 au Demi-marathon des microbrasseries de la Vallée du Richelieu! (Désolée si mon billet d'aujourd'hui vous donne envie de vous inscrire, c'est malheureusement complet depuis des lustres!)

C'est un peu stressant, faire la lapine! Il y a des coureurs qui vont compter sur moi, il faut que je sois super régulière dans ma cadence de course et que je m'habitue à courir au bon rythme pour traverser le fil d'arrivée en 2 h 15. Il va aussi falloir que je parle tout au long des 21 km pour motiver mes troupes! Mais surtout, ma vitesse de lapine, c'est beaucoup plus lent que ma vitesse d'entraînement habituelle!

J'ai testé pour la première fois cette vitesse de lapine, cette semaine. C'était un peu curieux... C'était... C'était  le fun!! Je courais mais sans prétention de me dépasser, de battre un quelconque record en entraînement, sans le stress de la vitesse, sans vouloir aller plus vite... C'était simplement un séance de course! Je partais pour 6 km, j'en ai ajouté un 7e même si je manquais de temps et que j'allais arriver en retard au travail, simplement parce que j'avais du plaisir. J'avais à peine chaud, je n'étais pas essoufflée ou presque, je ne faisais que courir en pensant à ne pas aller trop vite.

Ça vous change vos réflexes d'entraînement, ça, les amis!

Je pense que cette job de lapine va me faire du bien! On est tous pareils, je pense. On court et on est, en quelque sorte, toujours en compétition avec nous-mêmes. On se compare avec hier, on veut s'améliorer, courir mieux, plus vite... On se pousse tout le temps. Des fois, on perd un peu de vue la chance que c'est de courir et le bien-être que ça nous apporte, peu importe le nombre de secondes retranchées depuis notre dernière course... Je pense que ça va m'aider à remettre mon focus sur ce qui est vraiment important!

Alors, jusqu'au 10 novembre, je n'ai plus le droit de courir vite! Je cours à ma cadence de lapine et... J'en profite! :)

A+ les athlètes!

Avant un marathon

Plus je cours, plus j'écris mon blogue, plus je me dis que mes états d'âme deviennent redondants.

Et je commence de plus en plus à trouver que j'ai de l'expérience, dans la course, et dans la préparation pour le marathon. Alors, si vous le voulez bien, amis coureurs et lecteurs, je vais désormais partager sur ce blogue quelques-uns des trucs et habitudes que j'ai développés au fil des kilomètres.

Aujourd'hui, ma liste perso des incontournables avant le marathon. Ou avant toute course importante. Il y a plein d'autres éléments à considérer, bien sûr, la véritable liste des préparatifs est beaucoup plus longue, mais voici aujourd'hui quelques petits trucs que j'ai glanés et auxquels on ne pense pas toujours.

L'avant-veille de la course :

Bien dormir. La veille de la course, vous ne dormirez pas bien, c'est certain. Ne vous faites pas d'illusions là-dessus alors, pour éviter de trop souffrir à cause de la mauvaise nuit de la veille due à la nervosité, assurez-vous d'être bien reposés l'avant-veille et les jours d'avant, idéalement.

L'avant-veille et la veille : 

Buvez! Buvez, buvez. Cure intense d'hydratation! Ce n'est pas le temps d'avoir soif, vous allez assez souffrir comme ça pendant votre marathon... 

La veille : 

Chargez votre montre GPS. Je vous conseille de la brancher plus de quelques minutes avant d'aller au dodo... Fait vécu, avant d'aller dormir, la veille du marathon de Montréal, j'ai branché ma montre... Et elle ne s'allumait plus?!? Je me serais bien passé des quelques minutes de panique où j'ai dû fouiller le net pour trouver la solution au problème.

Faites votre sac. N'oubliez pas : au moins un chandail sec pour après la course. S'il fait chaud, vous allez tellement aimer enlever vos espadrilles, après la course, pour mettre les gougounes que vous aurez apportées! (Et vous ferez des jaloux!) À l'inverse, apportez des vêtements chauds si le temps le demande. Si on vous a donné une couverture de survie en aluminium après votre dernier marathon, apportez-la pour le départ, vous pourrez la jeter lorsque vous n'en aurez plus besoin mais vous l'apprécierez s'il fait froid.

Si on prévoit du temps froid : Apportez avec vous des vêtements chauds auxquels vous n'êtes pas attachés. Petits gants à 1$, tuque de Chez Henri, n'importe quoi qui pourra faire votre bonheur aux aurores avant le départ mais que vous pourrez lancer sans remords le long du parcours quand le départ aura été donné et que vous serez réchauffés.

Apportez toujours, dans votre sac, 4 épingles de sûreté. Parce que la loi de Murphy veut obligatoirement que ce sera dans votre pochette qu'ils auront oublié de les mettre avec votre dossard.

Personnellement, je préfère courir avec une petite ceinture de gourdes. Je prends celle sur laquelle il y en a seulement deux, pour ne pas traîner trop de poids, mais j'aime l'idée d'avoir de l'eau avec moi s'il me vient une soif incontrôlable. Habituellement, je n'ai pas besoin de boire dans mes bouteilles mais elles m'offrent une réconfortante sécurité. Je profite aussi de la pochette de la ceinture de gourdes pour mettre mes gels et je glisse un ou deux diachylons (ils n'ont jamais servi à ce jour mais pourraient être pratiques en cas d'ampoule), des Advil (j'ai tellement fantasmé sur des Advil au marathon de Hamilton quand j'ai couru 38 km sur un genou déboîté, j'en ai maintenant toujours avec moi) et un papier mouchoir (pas joli, un nez qui coule, sur vos photos officielles! ;) ).

Le matin de la course : 

Prenez de l'avance. Il n'y a rien de pire que d'être à la course (ha.ha.) et de stresser pour être à l'heure au départ. Vaut mieux avoir du temps et faire quelques pas de réchauffement avant de se rendre au fil de départ.

Mangez suffisamment à l'avance. Je ferai un billet sur mon déjeuner pré-course dans les prochains jours.

Buvez, mais pas trop. Vous aurez quantités d'eau sur le parcours mais vous ne voulez pas avoir une envie de pipi intempestive pendant le décompte...

10 minutes avant le départ de mes deux derniers marathons, j'ai pris un comprimé d'Advil. J'avais peur de revivre la mauvaise expérience d'Hamilton et de ressentir de la douleur. Les deux fois, ça ne m'a servi à rien, je n'ai pas subi de blessure. Mais en cas de problème, comme ça fait effet pendant environ 4 heures, j'aurais atténué quelque peu la souffrance. Pas un bien gros risque pour passer un plus agréable moment! Et comme je l'ai déjà dit plus haut, pendant un marathon, on souffre assez comme ça...!

On souffre... Oui, mais dans le sens positif du terme! Parce que courir un marathon, c'est tellement, mais tellement euphorisant!!!

Bonne course, les athlètes!

jeudi 24 octobre 2013

Marathon de Montréal

22 septembre 2013, j'ai couru le marathon à Montréal! Et je ne vous ai même pas raconté!

C'était mon troisième marathon complet en un an. Je peux le dire maintenant, je crois qu'on ne s'habitue jamais vraiment à l'idée de pousser son corps à un tel niveau. 42.2 km sur ses deux jambes, c'est vraiment quelque chose!

Quand on se prépare pour un marathon, on essaie de régler chaque détail. Il y a l'entraînement au fil des semaines, qui demande beaucoup de discipline et pendant lequel on teste toutes sortes de choses : les nouveaux bas, les gels, la quantité d'eau, les vitesses de course, etc.

Et il y a le matin de la course, où chaque minute est réfléchie. On fixe l'heure de notre réveil pour avoir suffisamment de temps pour se rendre au lieu du départ, déposer son sac, passer aux toilettes. On pense à l'heure à laquelle on va déjeuner, on mange léger pour ne pas se sentir trop lourd en courant. On boit mais pas trop pour ne pas avoir envie de pipi dès les premiers kilomètres, en se disant que, de toute façon, dès le départ, on aura de l'eau sur le parcours.

Et il y a le Marathon de Montréal et son organisation qui viennent ruiner tout ça.

J'ai couru en 4 h 09 m 43 s. Au plan personnel, je suis très satisfaite de ma course. Dans mon billet d'aujourd'hui, cependant, j'ai le sentiment que je me dois d'y aller de mes impressions et de mes insatisfactions sur le marathon de Montréal.

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7 h 08 : Je sors du métro. Bonheur, je croise Josyanne, une amie coureuse qui est là pour le demi! Nous nous rendons ensemble faire la file pour les toilettes.

7 h 40 : Nous sortons des toilettes et nous nous rendons tranquillement vers le dépôt de sacs et le départ.

8 h : Je laisse mes choses au dépôt de sacs. Je me dis que je n'ai pas besoin de garder un chandail chaud ou de mettre mes capris au lieu du short que je porte. Je n'ai pas froid, tout va bien aller, on part dans pas trop longtemps. Je laisse tous mes vêtements chauds et on se dirige vers le pont pour le départ.

8 h 05 : Je laisse Josyanne dans sa vague de départ et je poursuis vers la mienne, plus loin sur le pont.

8 h 10 : Je suis dans ma vague de départ et je commence à attendre. Le départ est prévu à 8 h 30.

8 h 30 : J'attends. Rien ne bouge, je n'entends aucun signal de départ. Sur le pont, il pleut et il vente fort. J'ai froid. J'ai soif alors je bois un peu...

8 h 40 : J'attends toujours, rien ne bouge. J'ai froid.

8 h 50 : Je regarde ma montre et espère qu'il n'y en a plus pour longtemps. Je grelotte de tout mon corps, je suis trempée à cause de la pluie. J'ai très froid. Je commence à avoir envie de pipi. J'ai un peu faim...

9 h : J'attends. J'ai très très froid.

9 h 06 : Je franchis finalement la ligne de départ, transie de froid, ayant envie de pipi et une faim qui s'installe.

Je m'excuse, chers organisateurs du marathon de Montréal, mais un tel retard au départ est inacceptable. Pour ceux qui courent le demi-marathon, ça passe. Dans 2 heures en moyenne, ils auront terminé. Pour les marathoniens, c'est une autre histoire! On va amener notre corps dans ses dernières limites, on va parcourir 42,2 km!!!

On ne peut pas commencer une course comme ça en ayant froid et faim! J'avais tout prévu mes choses, j'étais au lieu de départ suffisamment en avance... Et j'ai fait le pied de grue pendant 36 minutes de retard avant le départ. Au 30e kilomètre, j'ai ressenti une drôle de sensation dans les jambes. Une raideur, je ne comprenais pas trop pourquoi, puis jai compris que c'était le froid! J'avais les muscles raides de froid en courant un marathon! Pas normal, les amis...

Je ne le saurai jamais mais je me permets de penser que, si je n'avais pas eu si froid avant de courir, j'aurais fait une meilleure performance.

Il y a eu d'autres irritants au fil du parcours, ce n'est pas tout...

Premier demi-marathon : c'est pas pire... Il y a de l'animation avec les groupes de musique assez fréquemment sur le parcours, ça divertit! Deuxième demie... Où est l'animation? Rien pantoute, pas de musique ou presque, très peu de photographes. À croire qu'on met le focus uniquement sur le demi-marathon, qui attire plus de coureurs, et que pour les marathoniens, on se dit : "Ben on les lâche dans Montréal pis y r'viendront quand ça leur tentera, de toute façon, c'est des malades..."

Le parcours :
Début sur l'Île Ste-Hélène. Parcours accidenté, chaussée en mauvais état, parfois même pas de chaussée avec de la boue à cause du mauvais temps. À de nombreux endroits, les coureurs sont obligés de marcher, en file indienne, pour contourner de grandes et profondes flaques d'eau. À moins de vouloir se tremper les pieds complètement au 3e kilomètre mais, à mon humble avis, c'est pas top top, vaut mieux marcher pour contourner...

Si vous aimez St-Joseph, vous êtes servis! On y court dans tous les sens et sur plusieurs kilomètres, dans la deuxième moitié du parcours. En fait, le gros du marathon se déroule sur quelque chose comme trois rues... J'exagère à peine! J'aurais tendance à penser qu'une activité comme le marathon, qui valorise santé et dépassement de soi, vaut bien la fermeture de quelques rues additionnelles... Mais bon... C'est probablement juste moi...

4e kilomètre : Pas d'eau aux premières tables du point d'eau. Il ne fait même pas chaud, une chance! Ça ne regarde pas bien pour la suite, que je me dis alors...

30e kilomètre : Plus de verres d'eau à certaines tables! Les bénévoles offrent de boire à même les bouteilles de format 1 litre... Euh... Non merci...

Arrivée :
Le bénévole m'a tendu ma médaille sans me regarder et sans me la mettre au cou. Hey!!! Tu es la première personne que je vois après avoir couru un marathon, j'ai besoin de ta reconnaissance anonyme!!! Un bravo, aussi, ça serait apprécié! Que les bénévoles soient conscients de la charge émotive qui vient avec le fait de traverser le fil d'arrivée après un marathon, c'est très important ça aussi.

Toujours à l'arrivée, pas de couvertures de survie. Il faisait froid, le 22 septembre à Montréal. Un petit boost de chaleur, quand on est fatigué après un gros effort, aurait été plus que bienvenu. Et le goûter... J'ai couru des 5 km pour le quart du prix d'inscription après lesquels on m'a mieux nourrie.

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D'autres l'ont dit avant moi. C'était poche mais on va y retourner quand même. Parce que courir à Montréal, avec ses proches sur le parcours et à l'arrivée, c'est vraiment agréable.

Espérons seulement que l'organisation va entendre toutes les insatisfactions et tenter de régler quelques problèmes...

Prochain défi pour moi? Ma première course comme lapine, début novembre! Je vous en reparle!

A+ les athlètes!

samedi 24 août 2013

Un mois avant le jour M

C'est cliché mais qu'est-ce que le temps passe vite... J'ai négligé mon blogue tout l'été, mon dernier billet date du 30 juin!

Toutes mes excuses mais n'ayez crainte, cependant, amis coureurs. Je n'ai pas délaissé l'entraînement pour autant! À partir de demain, il ne me restera plus que 4 semaines avant le Marathon de Montréal!

Ça n'a pas été un entraînement facile, cet été. Moi qui suis habituellement la reine de l'assiduité, j'ai manqué plus de courses qu'à l'habitude (3 courses sur 40 prévues à ce jour), dont un test au demi-marathon. Trop de travail, trop de fatigue accumulée, manque de temps... J'ai aussi eu une petite blessure au pied gauche, fort heureusement guérie rapidement grâce à un traitement laser. Je vous en reparlerai dans un prochain billet!

Ces jours-ci, je cours très mal. J'ai plein de bonnes excuses : mes nombreuses heures de travail pendant le Festival qui m'ont un peu affaiblie, le début des vacances avec son côté festif et une plus grande quantité de verres de vin qu'à la normale, en plus de bouffe très bonne au goût mais pas très bonne pour mes petites jambes de nouilles, la tarte au citron de Chertsey (mmmmmm... tarte au citron...), les heures de coucher plus tard parce j'ai veillé avec les copines au bord du lac, la saison des allergies qui semble bien repartie...

Mais le petit diable, sur mon épaule, a raison, cette fois-ci. Il me dit : "Arrête de te raconter des histoires et avoue... T'as peur!!!"

Ouais... Ça ne sera pas un gros scoop pour ceux qui me lisent régulièrement. Je ne suis pas sportive. Je ne suis pas supposée être capable de courir un marathon. Je panique un peu à l'idée de courir 42,2 km dans un mois... Quelqu'un m'a dit, aujourd'hui : "Voyons! T'en as déjà couru deux, marathons!!!"

Ouais... Mais c'est comme si je ne m'en rappelais plus.

En fait, pour être exacte, je m'en rappelle. Je sais que je suis capable de franchir 42,2 km en courant. Ça, c'est réglé. Le problème, c'est que je ne sais pas si je vais être encore capable de m'améliorer... Je ne sais pas si je vais franchir la ligne d'arrivée avec un aussi grand sourire qu'à Vancouver...

Et j'aimerais tellement ça. J'aimerais tellement ça que... Ben oui. Je suis, encore une fois, terrifiée.

Alors mon plan, pour les 4 prochaines semaines, c'est de décider quelles seront mes phrases positives pour le jour M. À Vancouver, je me suis concentrée sur le fait que j'ai tellement de chance d'être sur mes deux pieds, en forme et vivante comme jamais. Quand ça n'a plus suffi, j'ai pensé à quelqu'un qui m'est très cher et qui a la santé fragile...

Pour Montréal, je vais aussi m'établir un plan d'auto-motivation. Mais il est secret pour l'instant :) Et j'aurai l'immense chance d'avoir mon entourage, pour une fois, qui m'attendra à la fin du parcours!

Ça aussi, c'est stressant... Je sais parfaitement qu'ils vont être fiers et impressionnés et qu'ils vont trouver que je réalise un exploit. Je ne sais pas si je suis la seule à être comme ça mais j'ai tout de même une peur bleue de les décevoir. Qu'ils regardent le chrono et se disent : "Comment ça elle n'arrive pas?!"

Bref. Plusieurs d'entre vous m'écrivent pour me demander conseil ou me dire que je les inspire. Vous êtes adorables. Je suis peut-être devenue une coureuse... Je ne sais pas... Mais je sais que courir un marathon, c'est stressant. Et je pense que ça va toujours le rester. Au fond, pas juste courir un marathon! Peu importe la distance dans laquelle on se lance. Quand on a l'impression qu'on s'attaque à un gros défi, c'est intimidant. À la limite, je crois que je trouve ça sain, d'avoir peur... Ça remet les idées en place, par moments.

Ça n'empêche pas que j'ai une grosse job à faire pour calmer le petit hamster dans ma tête, d'ici les 4 prochaines semaines! :)

A+ les athlètes!

dimanche 30 juin 2013

Entre les deux oreilles

On ne dit pas assez souvent, à mon avis, que courir un marathon, c'est autant, sinon plus, un effort mental qu'un effort physique.

On s'entend. Bien sûr que c'est un effort physique. Il y a l'effort considérable à fournir pendant les mois qui précèdent, pour l'entraînement. Il y a beaucoup de douleur, de fatigue, tout au long du parcours, depuis la décision de s'entraîner pour courir 42.2 km jusqu'à l'énorme effort à fournir lors de cette fameuse course.

Courir, s'entraîner pour un marathon, ça fait mal. Désolée de briser votre bulle si vous envisagiez l'idée de courir 42 km sans avoir pensé que votre corps trouverait ça pénible. La douleur est inévitable. Souffrir, c'est optionnel, mais ce n'est pas l'objet de mon billet d'aujourd'hui.

Lorsqu'on court, surtout lorsqu'on s'entraîne avec un certain volume, on a mal. Ça vient automatiquement avec le sport. Et c'est là que le mental intervient.

Ça prend un mental assez solide pour vous pousser à continuer lorsque vos jambes semblent peser une tonne. Ou encore lorsque vous avez soif, chaud, mal aux pieds, des crampes, ou que vous êtes tout simplement un peu fatigué, ce matin-là. Le petit diable, sur votre épaule, vous chuchote que ce serait tellement plus facile de rester chez vous. Il vous fait douter, vous dit que vous êtes peut-être trop fatigué pour votre sortie de course du jour et que ce serait tellement plus sage de vous reposer.

Et le jour du marathon. Premier kilomètre : vous vous dites que ça va être long, difficile... Vous vous dites que vous n'aimez pas ça tant que ça, courir... 30e kilomètre : Il en reste encore 12, c'est beaucoup trop long, vous commencez à scanner votre corps : Je suis fatiguée! Panique!! Ce sont deux exemples mais, en réalité, ça dure comme ça toute la course.

Pendant un marathon, votre corps vous envoie sans cesse des signaux. Plein de signaux qui disent : "Mais qu'est-ce que tu me fais subir?!"

Pourtant, j'ai terminé mon marathon à Vancouver, il y a deux mois, avec le sourire. J'avais mis toutes les chances de mon côté, j'étais entraînée comme jamais mais je crois que je dois principalement le fait d'avoir franchi le fil d'arrivée à ce que j'ai entre les deux oreilles.

Pour oublier la fatigue, la douleur (pas dramatique, soyons clairs, mais présente et inévitable, je l'ai dit), ça prend une volonté de fer. Ça prend aussi beaucoup de focus pour ramener ses pensées sur les questions importantes (Pourquoi je fais ça? Qu'est-ce que ça m'apporte?) et non sur le défi physique qui est très intimidant.

Personnellement, je pense à respirer. Et quand ça ne suffit plus, je me concentre sur la joie que je vais ressentir de traverser le fil d'arrivée. Et quand ça ne suffit plus non plus, je me concentre sur le fait que j'ai bien de la chance d'être sur mes deux pieds, en forme, en santé, capable de me lancer dans une telle aventure. Je me rappelle que je suis vivante.

J'aime la métaphore du marathon quand on la transpose dans la vie de tous les jours. J'aime me voir courir, me dépasser, parce que j'aime à penser que j'aurai une force comparable pour traverser les épreuves de la vie.

J'aime me voir, tête baissée, braver les éléments, armée seulement de mes espadrilles, comme si j'étais une petite combattante, courageuse, capable également de surmonter les tempêtes qui vont croiser ma route dans ma vie quotidienne.

Évidemment, ce n'est jamais si facile. Comme tout le monde, je doute, je me questionne, je me demande ce que demain va apporter... Mais aujourd'hui, j'ai couru. Et chaque jour où je suis fière de pouvoir dire que je me suis dépassée physiquement, j'ajoute une petite brique à ma confiance, vous savez, celle qu'on travaille tous à se construire, tout au long de notre vie.

Courir, c'est une activité qui me correspond. Je vous souhaite de pouvoir trouver l'activité qui vous fera, momentanément, comme moi, ressentir que vous pouvez tout faire, tout accomplir, parce que vous êtes forts. Ça fait du bien, si vous saviez...

Ou bien c'est peut-être seulement un gros rush des endorphines qui me fait écrire de façon si euphorique ce soir... Allez savoir! ;)

A+ les athlètes!